18 déc 2011

Saisir le durable dans l'éphémère

Michel Maxime Egger, le 18.12.2011

Nouveau blog, nouveau départ pour une chronique à temps et à contre-temps. Un lieu d'essais et de partages, de coups de coeur et de coups de gueules. Avec des zigzags et des chemins de traverse, des hauts et des bas, des présences et des absences. Un peu comme la vie quand on tâtonne ou la conversation quand on réfléchit à haute voix...

J’ai longtemps hésité, mais – tant pis ou tant mieux – je redémarre. Après un long silence. En espérant avoir le souffle nécessaire. on verra bien...

Bonjour ou bonsoir donc, à celles et à ceux qui prendront le temps, la peine de me lire. A temps et à contretemps, à la manière dont j’entends tenir ce blog. Il sera un lieu d'essais et de partages, de coups de coeur et de coups de gueules. Avec des zigzags et des chemins de traverse, des hauts et des bas, des présences et des absences. Un peu comme la vie quand on tâtonne ou la conversation quand on réfléchit à haute voix...

En écrivant ces premières lignes, je pense inévitablement à François Mauriac et à son célèbre ''Bloc-notes''. Référence géante, écrasante, mais incontournable. Pas que j’ambitionne de l’imiter, quelle prétention ! Non, mais il y a chez lui plusieurs choses qui me touchent et qui ont, pour moi, valeur d’exemple : -* Un art de la chronique comme forme de dialogue avec soi-même et avec l’autre. A l’écoute des réactions des lecteurs – connus ou inconnus – dont la réflexion personnelle se nourrit. Autrement dit, une façon constante d’aller vers autrui en passant par soi-même. Et inversement…

  • Un exercice du journalisme comme manière de « servir les idées » qui lui sont chères, mais aussi sa foi et ses valeurs les plus intimes. Cela, sans jamais sacrifier à la liberté de l’esprit, toujours plus forte que tous les dogmatismes, qu’ils soient religieux, idéologiques ou politiques.
  • Une approche de l’actualité à la fois par le bas et par en haut. Dans une tension permanente entre enracinement et transcendance. En plongeant au cœur de la mêlée et de l’histoire en train de se faire, mais sans cesser de la regarder sub specie aeternitatis. Comme si donner du sens était « saisir le durable dans l’éphémère », discerner la trace du sacré dans la commune trame des jours, percevoir l’invisible au cœur du visible, l’esprit dans la matière, l’incréé dans le créé. Créer de la clarté à partir de l’esprit et de l’Esprit.
  • Une tension dynamique entre action et contemplation, en équilibre funambulesque sur la ligne de crête entre le dehors et le dedans, soi et monde. S’il « pense et écrit pour agir », Mauriac entend également « rompre avec ce monde tout en y combattant ». Etre dans le monde sans être du monde. Ou encore : s’engager en sachant rester dégagé…
  • Un mélange subtil entre le personnel et le collectif, où s’estompent les frontières entre l’intime et le politique. Car ultimement – nous y reviendrons – il ne saurait y avoir de transformation collective réelle et durable sans transformation personnelle. La cité ne changera pas si le cœur humain ne change pas.

Ces différents points – mais il y en aurait d’autres – définissent une forme d’éthique de la parole et de l’engagement très inspirante. En n’oubliant jamais qu’il « faudrait se taire, dès que parler, au lieu d’être une forme de l’action, n’est plus qu’un inutile lamento ».